Détenues

Épisode

9

Julie (3/3)

Dans cette série, nous donnons la parole aux femmes détenues. Elles représentent 4%de la population carcérale en France.
Julie est mariée et la mère de trois enfants lorsqu’elle est condamnée à une peine d’emprisonnement ferme en audience de comparution immédiate, à la suite d’un accident de voiture impliquant une victime. Incarcérée au sein d’une maison d’arrêt présentant un taux d’occupation particulièrement élevé, Julie raconte sa cohabitation contrainte dans une cellule occupée par cinq autres femmes et ses difficultés à maintenir ses liens familiaux.
Détenues est une série produite par Insider Podcast sous la direction d'Adèle Humbert et d'Emilie Denètre.
Durée : 
11
min.
3.6.2021
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Julie (3/3)

Ci-dessous, nous vous proposons un éclairage d'Eva Goron, avocate pénaliste, sur l'épisode que vous venez d'écouter :

L’audience d’aménagement de peine

« Avec une fille de la cellule, on s’était amusées à faire le juge et la condamnée »

L’audience d’aménagement de peine est un véritable débat contradictoire, organisé dans une salle de la prison, à l’occasion duquel un ou plusieurs juges d’application des peines instruisent la demande d’aménagement de peine formulée quelques mois plus tôt par la personne détenue.
Pour évaluer le risque de récidive des détenues, les magistrats apprécient la solidité du projet d’aménagement de peine qui leur est soumis. Ils interrogent également le comportement de la requérante en détention ainsi que son positionnement sur les faits qui l’ont conduite à sa condamnation, afin d’appréhender sa compréhension de ceux-ci, et de lui laisser la possibilité d’exprimer des regrets.
« Faire la malheureuse » devant le juge, comme s’est entraînée Julie à le faire dans sa cellule, correspond à l’expression de ses regrets par rapport au passage à l’acte et aux victimes. Il ne s’agit que d’un facteur parmi la pluralité de ceux retenus par les magistrats pour accorder un aménagement de peine.

La libération conditionnelle parentale

 

« Je leur ai dit : "demain je vous dis adieu !" C’est comme si j’avais gagné au loto. »

 

Deux semaines après l’audience, Julie s’est vue accorder une libération conditionnelle parentale avec un placement sous surveillance électronique probatoire. Il s’agit d’une libération avant la fin de la peine - quelques mois en l’espèce - pour pouvoir s’occuper de ses enfants âgés de moins de 10 ans.
Cette mesure a été accompagnée d’un placement sous bracelet électronique probatoire pendant plusieurs mois, assortie d’interdictions comme celle de résider dans son ancienne ville, lieu de l’accident de voiture, mais aussi d’horaires stricts pendants lesquels Julie pouvait sortir de son domicile, pour aller chercher ses enfants à l’école ou faire des courses, par exemple.

La mémoire de la prison dans le corps

 

« Rentrer chez soi et attendre qu’on nous ouvre la porte. En prison, y’ pas de clenches »

De nombreuses détenues témoignent de l’impression de faire partie des meubles dans la prison, tant elles disposent de peu d’autonomie en détention.
Enfin, les portes étant dépourvues de clenches, les détenues attendent plusieurs secondes, voire plusieurs minutes avant de pouvoir les franchir, étant tributaires des surveillantes pénitentiaires qui les ouvrent.
À leur sortie, elles sont ainsi confrontées à une perte d’autonomie et sont souvent angoissées à l’idée de fréquenter des lieux denses et vastes, comme l'évoque Julie dans ce dernier épisode.
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