Détenues

Épisode

2

Bianca (2/3)

Dans cette série, nous donnons la parole aux femmes détenues. Elles représentent 4% de la population carcérale en France. 
Bianca possède un casier judiciaire vierge lorsqu’elle devient trafiquante de cocaïne au Brésil, à l’âge de 29 ans. Après une cavale de plusieurs années, elle décide de se rendre d’elle-même auprès des autorités françaises et sera condamnée à une peine de 5 ans d’emprisonnement. Incarcérée en maison d’arrêt puis en centre de détention, elle y connaitra autant une forme de popularité que des déboires tragiques.
Détenues est une série produite par Insider Podcast sous la direction d'Emilie Denètre et d'Adèle Humbert. 
Durée : 
15
min.
3.6.2021
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Bianca (2/3)

La maison d’arrêt de Fresnes

 

« Je suis arrivée à Fresnes un soir de printemps, c’était en 2016 »
Les prisons françaises ou établissements pénitentiaires se répartissent eu deux catégories principales : les maisons d’arrêt et les établissements pour peine.
Une maison d’arrêt est une prison réservée aux personnes détenues provisoirement (dans l’attente de leur jugement ou dont la condamnation n’est pas définitive) ainsi qu’aux personnes condamnées dont la peine à purger est de deux ans au maximum.
La maison d’arrêt des femmes de Fresnes se situe en Île-de-France et abritait, au 1er janvier 2021, 125 femmes détenues pour 108 places théoriques.
Au-delà des chiffres, la population pénale se caractérise à Fresnes par le nombre important de femmes isolées venues de pays étrangers ou de départements d’outre-mer et interpellées à leur arrivée sur le territoire de la métropole avec de fortes quantités de stupéfiants. Nombre de ces femmes, totalement paupérisées, la plupart jeunes et mères d’un ou plusieurs enfants en bas âge prennent le risque de l’opération pour échapper à la misère de la Guyane, du Brésil ou de pays asiatiques. Interpellées à Orly, elles purgent des peines de plusieurs années totalement isolées, avec parfois la barrière de la langue sans maintien des liens familiaux. Plus globalement, un chiffre illustre la solitude des femmes détenues : moins de la moitié d’entre elles bénéficient de parloir.
Pour en savoir plus : Le Guide du prisonnier, OIP/ Éditions La Découverte, 2021

La première nuit d’observation en cellule arrivante

 

« Je suis affectée aux cellules arrivantes, sans savoir que c’est des cellules arrivantes.On te met avec une meuf. Tu ne sais pas qui c’est. »
La cellule arrivante à laquelle Bianca fait référence est une cellule d’attente dans laquelle toute détenue est placée à son arrivée en prison, le temps qu’il soit procédé aux formalités d’écrou et ce, avant d’être affectée dans une cellule ordinaire.
Alors que le code de procédure pénale prévoit que les personnes détenues y sont placées « isolément »(article D.234), elles sont en réalité plutôt deux ou trois à les occuper dans les maisons d’arrêt, en raison de la surpopulation et des risques de suicide accentués dans les premières 48 heures.

La cabine téléphonique en prison

 

« Je passe beaucoup de temps à la cabine avec ma famille, mon copain. Les filles râlaient tout le temps dans la queue. »
Les personnes détenues ne sont pas autorisées à détenir et utiliser un téléphone portable pour communiquer avec leur entourage, l’administration pénitentiaire faisant traditionnellement reposer cette interdiction sur des motifs sécuritaires, comme le risque d’évasion.
Des cabines téléphoniques ont donc été installées dans presque tous les établissements pénitentiaires. Néanmoins, elles sont généralement situées dans les cours de promenades ou dans les coursives (couloirs) et sont rarement cloisonnées, ne permettant donc pas de garantir la confidentialité des conversations.
Par ailleurs, le coût de la communication en prison est plus élevé qu’à l’extérieur. L’appel oscille entre 0,12 et 0,18€ par minute vers un téléphone portable en France métropolitaine, par exemple. À cela s’ajoute un coût de mise en relation avec le destinataire de 0,03 à 0,15€.
Enfin, ces cabines téléphoniques sont peu nombreuses (cinq à la maison d’arrêt des femmes de Fresnes), ce qui obligent les détenues à faire la queue pour y accéder, pendant les heures de promenade.

 Le sport en maison d’arrêt

« Le sport en prison, c’était trois fois par semaine à 8H du matin et il n’y avait que 10places »
 Le sport est l’activité la plus prisée des détenues, notamment en maison d’arrêt où elle constitue une échappatoire à l’enferment cellulaire, 22H/24.
 Les installations sportives se trouvent généralement dans la cour de promenade ou dans des cellules aménagées et sont accessibles aux détenues entre une à trois heures par semaine.
 À la maison d’arrêt des femmes de Fresnes, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (GGLPL) constatait que l’accès aux activités sportives y était réduit :« les deux cours de promenade ne sont pas aménagées, une seule des deux cours est équipée d’une table de ping-pong, mais il n’y a ni raquettes ni balles. Il n’y a pas de gymnase mais deux salles dédiées, une pour les activités de stretching, aérobic et l’autre équipée d’appareils de musculation.Certains appareils étaient défectueux » (extrait du rapport de visite duCGLPL en date de 2017).
Pour en savoir plus : Le sport en prison, Laurent Gras, L’Harmattan, 2005.

 Étudier par correspondance en prison

« Je faisais mes cours par correspondance. Je n’arrivais pas à étudier dans ma cellule »
De nombreux obstacles viennent entacher la possibilité de suivre un enseignement à distance en prison : l’absence d’intimité et les nuisances sonores en cellule, le peu d’accessibilité à des salles d’étude ainsi que la difficulté d’accéder aux ouvrages et aux ressources numériques.
Pour rappel, l’accès à internet n’étant à ce jour toujours pas autorisé en détention, les personnes détenues se trouvent privées de l’accès aux plateformes numériques, mais aussi aux contenus multimédias couramment utilisés par les enseignants à distance.
Pour en savoir plus : Revue « Dedans Dehors » n°110 de l’Observatoire Internationale des Prisons, « enseigner et apprendre malgré la prison », mars 2021.

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